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La séance du mois (décembre) : Louis de Funès, héros français

Les Américains ont eu Stallone, révélateur à la fois des valeurs de l'Amérique reaganienne (Rocky) et des traumatismes du Vietnam (Rambo). Les Français ont également eu leur héros national : Louis de Funès, qui régna des années soixante au début des années quatre vingt sur le box-office français. Se concentrant sur les scénarios de sept films "de" Louis de Funès (réalisés en fait par Jean Girault : la série des Gendarmes, Les Grandes vacances, La Soupe aux choux ; ou par Claude Zidi : L'Aile ou la cuisse, La Zizanie), notre séquence du mois se propose d'y lire les mutations économiques, sociales et culturelles de la France de cette période, au programme d'Histoire des Terminales générales et technologiques. Qu'il soit grimé en gendarme, en patron (La Zizanie) ou en paysan (La Soupe aux choux), De Funès y incarne toujours le français "moyen", représentant d'une France menacée par la modernité, notamment venue d'Amérique, et d'un groupe social dominant en butte aux revendications nouvelles de la jeunesse et à l'émancipation des femmes.

[Télécharger la séquence au format .pdf]

Posté dans La séance du mois par zama le 24.12.06 à 12:11

Commentaires

De jean-paul, posté le 26.12.06 à 21:29

A quand l'étude de la philosophie française à travers la série des Sous-doués ? Et les SVT dans Les Bronzés ? Moi je suis prêt à travailler 45h par semaine si on peut enseigner tous les jours ce genre de choses.
De gounondjill, posté le 27.12.06 à 10:29

oui oui oui moi aussi, c'est tellement fôr-mi-dable!!! aah, pouvoir projeter Christian Clavier dans nos salles de classe, quelle bel acte pédagogique innovant, d'autant plus jouissif qu'il a quelque chose de subversif, n'est-ce pas ma bonne dame, même s'il sera sans doute le prochain ministre de l'éducnat du Sarkoland, de toute façon aujourd'hui les élèves en ont rien à foutre de Hugo et Molière (sauf si c'est romain duris) et je suis pour que les profs se mettent en grève jusqu'à ce que l'art subtil de Franck Dubosc et JMBigard soit inscrit dans le marbre institutionnel des programmes officiels.
De Bernie, posté le 27.12.06 à 12:40

Clavier aux manettes...De Funès, icone de la France d'en bas... A bat Jacques Tati l'intello, le représentant des élites.
Je crois que je suis entrain de faire un cauchemar.
De gounondjill, posté le 28.12.06 à 09:16

on est bien d'accord, M. Bernie, mon mail était ironique. Je préfèrerai toujours faire étudier à mes élèves Hugo, Molière et Jacques Tati que Clavier le cauchemar ambulant. Et même si cette séquence pédagogique autour de Louis de Funès me laisse un peu dubitatif, bravo à Zéro de conduite pour le travail en profondeur qu'il fait à destination du corps enseignant et des élèves.
De Bernie, posté le 29.12.06 à 11:15

Je suis moi-même une inconditionelle mais je ne suis pas sûr qu'on fasse le bon choix on proposant de réfléchir sur des films conçus pour divertir. Certes, le personnage qu'incarne De Funès est emblématique, mais je préfère lancer un thème de reflexion sur Dupont Lajoie, emblématique lui-aussi, mais pas pour les mêmes raisons. Pour résumer, apprendre à réfléchir, c'est bien , mais apprendre le bon gout, c'est important aussi.
De gounondjill, posté le 29.12.06 à 11:52

Je ne peux qu'abonder dans votre sens. Et je suis absolument désolé d'avoir été trompé par votre pseudo qui m'a laissé croire (mais finalement, pourquoi?) que vous étiez "M. Bernie" plutôt que "Mme Bernie". Par ailleurs, je pense que nous risquons lancer une vaste polémique si nous soutenons que le bon goût s'enseigne (ce dont je suis persuadé), et personnellement je suis loin d'être convaincu des vertus pédagogiques de la série des "gendarmes".
De ronald, posté le 31.12.06 à 18:29

ne vous en déplaise, messieurs les apôtres du "bon goût", je pense qu'effectivement les films de Louis de Funès, de par leur diffusion et leur succès, présentent un intérêt supérieur pour l'historien que les chefs d'œuvres qui leur sont contemporains, sans doute moins en phase avec leur époque et le grand public… Aussi l'approche me paraît-elle tout à fait originale et défendable, même si elle aurait mérité un peu plus d'approfondissement et de rigueur…
De Cruchot, posté le 01.01.07 à 16:10

oh la la, louis de funès, un jour de gueule de bois…
De gounondjill, posté le 01.01.07 à 19:07

ouais, merci de me laisser peinard avec mon mal aux cheveux, je me sens pas d'entendre Ronald pérorer aujourd'hui.
De Pour Louis, posté le 02.01.07 à 13:05

Vous n'avez donc pas lu "Pour Louis de Funès" de Valère Novarina, grand poète qui réhabilite un grand acteur ?
De EX, posté le 03.01.07 à 11:13

Moi ça me rappelle les types qui portaient aux nues la 7°compagnie dans les couloirs de la Khâgne ... vous ne seriez pas un peu tombés dans la pose?
De Camisole, posté le 03.01.07 à 12:41

Ah ça faisait longtemps, moi j'ai pas fait khâgne, mais je peux vous dire un truc... J'ai toujours détesté les les films avec Louis de Funès, excepté peut-être un Fantomas et la Folie des Grandeurs, dont je note avec stupeur que vous ne parlez pas! Certes cela ne va pas avec le propos de la séance. Louis de Funès m'angoisse, il ne sait pas parler, il ne fait que trépigner et sortir des onomatopées, de là certains problèmes qui ont dû me valoir mon pseudo... quant aux élèves, je suis sûr que cette séquence fera un malheur auprès d'eux, d'ailleurs, ils m'angoissent aussi et pour les mêmes raisons.
De Contre L., posté le 03.01.07 à 14:28

Bon alors, raconte nous un peu ce que dit le grand poète Novarina, M. (Mme ?) "Pour Louis", plutôt que de te contenter de ramener ta science en lâchant juste un titre…
De An-Ga, posté le 03.01.07 à 23:50

la critique est aisée!!.......Je ne supporte pas ces remarques d'une bande de pseuso-intellos qui passent leur temps à s'écouter et qui pètent plus haut que leur c...!!! ras le bol des profs qui se la racontent et merci pour cet article que je trouve personnellement audacieux et tout à fait à la portée des élèves que nous avons en face de nous qui sont loin d'être des génies cinéphiles comme la plupart de mes "chers" collègues... Il faut peut-être arrêter de croire que ce qui plaît à la "France d'en bas" est méprisable et indigne d'attention!...
De An-Ga, posté le 03.01.07 à 23:57

Je continue sur ma lancée persiste et signe pour déplorer le snobisme intellectuel d'une certaine partie des profs..... Mes chers collègues, ça vous fait peur la culture populaire?????????????.....boooo!!!! Et pour tous ceux qui sont angoissés par le niveau de nos élèves et bien changez de boulot!!! Peut-être cesserez-vous de cauchemarder....
De Francis Larran, posté le 04.01.07 à 00:33

Je ne pensais pas que cette séance du mois déclencherait une telle polémique ! Je tiens à répondre à toutes ces critiques, qui, souvent, me paraissent injustifiées. L'idée d'étudier ces comédies populaires n'est pas le fruit d'un snobisme intellectuel, qui se délecte de tous les sujets populaires "non intello"... elle tient en grande partie à une certaine tendresse que j'éprouve pour ces films, qui ont bercé mon enfance. Il ne s'agit donc pas de provoquer mais de se pencher sur des films connus de tous, et qui présentent l'intérêt de réfleter les réactions d'une France conservatrice face à l'émergence de nouveaux acteurs sociaux à partir des années 1960s.
Mon intention n'était pas non plus de verser dans la démagogie... n'étudier que les grands auteurs est, à mon sens, une terrible erreur pour comprendre les mentalités populaires, qui s'apprécient souvent à l'aune des oeuvres à grand succès.
Il ne s'agissait pas non plus de révolutionner les pratiques pédagogiques avec "les gendarmes". Ces films doivent être considérés comme des sources historiques comme les autres (et à ce titre, je pense que dans quelques décennies les sketches de Bigard présenteront un certain intérêt pour comprendre les mentalités françaises de la fin du XXe et du XXIe siècle (tout comme les romans populaires du XIXe siècle et même, en remontant encore plus loin, les pièces sulfureuses et souvent d'une grande vulgarité d'Aristophane constituent un angle d'approche intéressant pour comprendre la culture populaire athénienne du Ve siècle).
Tout est objet d'histoire... les "classiques", les meilleures comédies de Molière, tout comme les chansons populaires (depuis la Carmagnole jusqu'aux chansons réactionnaires de M. Sardou), les vaudeville et les comédies de Louis de Funès !
On me reproche souvent également de vouloir réhabiliter le mauvais goût et de faire apprécier aux élèves de mauvaises oeuvres cinématographiques. La question n'est pourtant pas là... L'historien ne doit certainement pas juger la qualité de ces sources. Il faut avoir une approche neutre... et je crois que je n'ai ni loué ni condamné ces comédies populaires.
Je conclurai en m'interrogeant sur la polémique bien moins virulente soulevée au sujet de la séance du mois sur Rocky (dont je suis encore une fois l'auteur !)... le scenario n'est pourtant pas bien meilleur, mais l'intérêt aussi grand.
De oulala, posté le 04.01.07 à 15:02

ouhlala les copains et les copines, c'est pas la peine de s'énerver, là… je crois que les historiens et les "lettreux" n'ont pas la même approche pédagogique du medium cinématographique. Les uns y voient une source, les autres une œuvre. Je ne vois pas l'intérêt de s'invectiver à coups de "Sarkoland" ou de "France d'en bas"… En cette année 2007, donnons s'il vous plaît à nos élèves et à nos concitoyens l'exemple de gens responsables et ouverts au dialogue !
De JCG, posté le 04.01.07 à 19:02

Je suis un peu décontenancé par ce débat, empreint en effet d'une espèce de snobisme qui n'a aucun intérêt lorsqu'on évoque une source historique. Les films "de" Louis de Funès sont, c'est incontestable (et le dossier préparé par Francis Larran le démontre tout à fait), emblématiques de leur époque et révélateurs de bien des aspects de la société française de la fin des Trente Glorieuses. Leur valeur historique est indéniable, et ne saurait être amoindrie par leur prétendue absence de valeur esthétique ou artistique liée à leur caractère "populaire". Cela fait d'ailleurs bien trente ans maintenant que les historiens ont démontré que la notion de "culture populaire" était aussi surfaite que dangereuse (les barrières culturelles n'étant pas étanches : parmi les millions de spectateurs de Louis de Funès, vous m'accorderez qu'il doit bien y avoir quelques représentants des "élites"...), et que tout élément de culture était digne d'intérêt, "de Goya à Chantal Goya" pour reprendre l'expression de Pascal Ory. Francis Larran l'a bien expliqué dans son message. Une inspectrice m'a récemment suggéré tout l'intérêt que la série des "Visiteurs", films "populaires" s'il en est, pouvait représenter dans l'étude des représentations liées au Moyen Âge, ce qui est là encore incontestable. Bien sûr, nous ne faisons pas dans nos classes oeuvres d'historiens, notre rapport aux sources est différent car il faut prendre en compte la réception qu'en auront les élèves, qui n'ont pas forcément les outils pour les assimiler au premier comme au second degré. En ce sens, nous avons, je suis d'accord, une part de responsabilité dans l'éducation au goût. Mais qui sommes-nous pour dire aux élèves ce qu'ils doivent aimer ou non ? Admettons que les films en question soient "divertissants" et à ce titre dangereux pour le niveau intellectuel de nos élèves. Mais nous ne leur montrons pas un spectacle : nous les faisons travailler sur une source historique. A nous donc d'adopter tout le recul critique nécessaire, pourquoi pas en engageant un débat sur les qualités et les défauts du film : c'est cela à mon sens l'éducation au goût, susciter une réflexion, et non imposer des auteurs et des oeuvres présentés a priori comme des références. Les autorités d'aujourd'hui ne sont pas celles d'hier, et a fortiori celles de demain. Appliquons aussi le recul historique à nous-mêmes ! Et ne rejetons pas, pour de fallacieuses raisons, des sources historiques dont la légitimité est incontestable !
De Lettreuse, posté le 04.01.07 à 21:56

S'agirait pas de "déconner", pas besoin de faire tout un plat pour nous exposer les vertus pédagogiques de Louis de Funès, OK c'est très bien si y en a et je suis d'accord avec Camisole, il est drôle d'étudier la folie des grandeurs pour mesurer la parodie avec Ruy Blas, maintenant il me semble qu'il y a deux snobismes et deux écoles, et qu'il faudrait donner une plus digne image de nos entretiens pluridisciplinaires...
Par ailleurs, nos élèves connaissent Louis de Funès par coeur, c'est le seul à bénéficier des multiples rediffs sur M6, alors aidons-les certes à se servir de ces films comme d'un support, mais faisons leur découvrir aussi autre chose, nous sommes là pour cela. Enfin quand on produit un travail pédagogique, on s'expose et c'est très bien d'en assumer les conséquences.`
J'aime ce site et je n'aimerai pas qu'il soit scindé par de sempiternelles guerres sur l'élitisme ou le snobisme.
De oulala, posté le 04.01.07 à 23:03

JCG pose bien le problème : le prof d'histoire voit dans le film une "source" au même titre qu'une photo d'archive, un discours politique ou une affiche de propagande, alors que les profs de lettre étudient l'œuvre en tant que telle. Ce sont les instructions officielles. Ceci dit je pense que tout enseignant, quelque soit sa discipline, se sent confusément investi d'autres missions que la simple transmission des savoirs définis par : donner aux élèves une certaine culture (à laquelle pour la plupart leur milieu familial ou social ne leur permettra pas d'accéder), des valeurs morales, une certaine conscience citoyenne ou (attention le gros mot) "politique"… C'est pourquoi JCG je ne suis pas du tout d'accord avec ta phrase : "qui sommes-nous pour dire aux élèves ce qu'ils doivent aimer ou non ?"… Si nous ne le faisons pas, qui le fera ? Et encore il ne s'agit pas de leur dire ce qu'ils doivent aimer ou ne pas aimer (meilleure façon de provoquer un rejet), il s'agit plutôt de leur faire connaître des œuvres vers lesquelles ils n'iront pas eux-mêmes. Dans le peu d'heures qu'il nous est imparti, c'est vrai que je suis tenté de leur montrer une "chef d'œuvre" plutôt qu'un nanar multidiffusé. Notre rôle est aussi leur apporter un regard critique, analytique, sur ce qu'ils "aiment", qui les fait rire : c'est le cas avec une analyse historique des films de Louis de Funès ou de Stallone…
Le débat était un peu semblable sur "Marie ANtoinette" et son prix de l'Educnat : ce prix décerné en notre nom à tous peut-il distinguer une œuvre simplement pour ses qualités cinématographiques (l'art pour l'art en quelque sorte), ou faut-il que celle-ci se distingue également par sa dimension informative ou historique, par les "valeurs" qu'elle porte… On peut considérer que "Marie-Antoinette" est un chef d'œuvre (c'est très loin d'être mon cas) et considérer qu'elle véhicule des valeurs peu "pédagogiques"… Là encore, à chaque enseignant de se débrouiller avec sa conscience, après c'est cette liberté face à la classe qui fait la grandeur de notre métier.
De Camisole, posté le 04.01.07 à 23:25

Serais-tu la seule petite lettreuse à m'avoir compris? Belle mise auy point Oulala, je salue au passage la franchise du seul à ne pas utiliser de pseudo... Mais attention à son amie Anga, on a, je le pense, encore le droit d'écrire que LdF nous angoisse, en fait c'est mon pt de vue, il est regrettable d'en tirer de telles conclusions hâtives sur le "niveau des élèves"...
Au fait petite lettreuse, es-tu brune, blonde ou rousse?
De zama, posté le 05.01.07 à 16:52

je voudrais quand même rappeler qu'il s'agit ici d'un site pédagogique collaboratif et gratuit. Les enseignants qui ont conçu et mis en ligne les séquences en question ont la générosité de mutualiser leur travail et le courage de le soumettre à l'appréciation de leurs pairs.
La critique et le débat sont légitimes et bienvenus, car rares sont finalement les espaces où l'on peut confronter nos méthodes d'enseignement. C'est aussi pourquoi, à la différence d'autres sites collaboratifs, ce blog est librement ouvert aux commentaires…
Mais cette liberté de critiquer ne doit être devenir un défouloir. L'ironie et l'invective ne sont pas la meilleure façon d'encourager l'esprit collaboratif que nous voulons promouvoir…
De Marius, posté le 08.01.07 à 19:10

Au rique de relancer la polémique....
Quelle débauche d'énergie, qui par moments frise l'intolérance. Pas de procès d'intention, ni d'anathème. Ce n'est pas parce qu'on utilise un film comme support pédagogique que l'on partage ses buts implicites. Au contraire.... La démarche historique nous convie toujours à l'analyse et à la critique interne du document.
Ne décourageons pas l'innovation et les tentatives pédagogiques qui nous permettent parfois de récupérer l'attention des élèves.
De Nine, posté le 10.01.07 à 11:32

Dans nombre de ces critiques, nous reconnaissons bien l'intellectualisme exacerbé de certains de nos collègues... Qu'ils aillent donc exercer leur métier dans certains LEP. Leur discours serait peut-être différent...
et... pourtant , je ne suis pas fan de de Funès. Néanmoins l'approche de Francis Larran est très intéressante.
De ô cruchot ludovic, posté le 30.01.07 à 17:32

j'ai sauté de joie en voyant votre séquence ; contrairement à certians esprits chagrins, je crois que les films de de Funès sont des documents historiques tout à fait intéressants, parce qu'ils bousculent le système de valeurs de certains élèves, les dépaysent, et ne serait-ce que par les accessoires et décors, témoignent d'une époque... et en plus ils restent drôles. Les élèves concernés sont en 1ère ou Tle et feront la part des choses, ce n'est pas les mépriser que de leur proposer ce type de travail, tout à fait cohérent et bien mené... Merci.
De Dounia, posté le 05.05.08 à 12:08

Bravo!!!! Monsieur, votre idée est géniale et je pense que vous avez affranchi les frontières. A l'instar Francisienne of course.

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