Trois ans après le triomphe dans les salles françaises de Goodbye Lenin !, la sortie et le succès critique et public de l'excellent La Vie des autres ont relancé l'intérêt du public pour la République Démocratique Allemande. Les deux films se révèlent d'ailleurs tout à fait complémentaires pour donner un tableau nuancé de la vie sous un régime communiste de "l'Est" : on pourra donc compléter la projection de La Vie des Autres par l'étude de quelques scènes du film de Wolfgang Becker (disponible en DVD).
En complément à notre site pédagogique et à ses deux dossiers sur le film de Florian Henckel von Donnersmarck, rappelons ainsi les nombreuses ressources disponibles en ligne sur Goodbye Lenin ! : pour les germanophones, le film, tout comme La Vie des Autres, a fait l'objet (ici) d'un des excellents Filmhefte du Bundeszentrale für politische Bildung (voir également celui de Requiem de Hans Christian Schmid, sorti récemment en France). Pour les historiens, on renverra à ce dossier du site académique de Versailles, ainsi qu'à ces deux articles de Cinehig : l'exploitation de quatre extraits par Renaud Weisse et un questionnaire par Vincent Bocquet. Enfin, dans la série Plans Rapprochés du CNDP, Philippe Leclercq analyse le rôle du générique du film (cf Un site sur les génériques de film).
Le cinéma allemand est saisi par la fièvre de l’histoire : après La Chute, Sophie Scholl et Goodbye Lenin !, un nouveau film historique arrive sur nos écrans, auréolé de son succès local (le film a remporté sept Lolas 2006, l'équivalent de nos Césars) et international (après avoir remporté le Prix du Meilleur Film européen le film est en lice pour l’Oscar du meilleur film étranger, comme Indigènes ou Le Labyrinthe de Pan).
On peut toutefois se demander ce qui procède d’un besoin du peuple allemand de réévaluer l’histoire nationale récente (nazisme, partition du pays), et ce qui tient aux qualités cinématographiques évidentes des succès évoqués. Le cas de La Vie des autres (Das Leben der Anderen) de Florian Henckel von Donnersmarck est encore plus éclatant, car on ne pourra lui reprocher aucune complaisance :ni la fascination pour le mal hitlérien qui guettait La Chute, ni la (n)ostalgie un peu doucereuse de Goodbye Lenin !, ni le manichéisme rassurant de Sophie Scholl…
La Vie des autres est une plongée sans concession dans les arcanes de la STASI (abbréviation de [Ministerium für die] Staatsicherheit) et d’un pays qui comme nul autre démocratie "pays de l’Est" peut-être n'a su ériger la surveillance et la paranoïa généralisées en système.
En 1984 (l’allusion à George Orwell n’est évidemment pas anodine), l’auteur de théâtre Georg Dreyman, pourtant réputé ami du régime, est mis sous surveillance étroite de la STASI. Gerd Wiesler, l’officier chargé de superviser l’opération, comprend vite qu’il s’agit d’une intrigue personnelle : le ministre Bruno Hempf veut se débarrasser du dramaturge car il convoite la compagne, l’actrice Christa-Maria Sieland. La machine infernale est en marche, mais un grain de sable s'y est glissé…
Le film est certes haletant comme un bon thriller d’espionnage, doublé d’une émouvante histoire d’amour. Mais il présente aussi un intérêt historique et pédagogique certain : il ne donne certes que peu d’informations sur la vie quotidienne en Allemagne de l’Est au milieu des années quatre-vingt, mais c'est pour mieux faire ressentir l’étouffement totalitaire et les mécanismes implacables d’une dictature policière. Grâce à un trio de personnages denses et complexes (Georg Dreymann artiste officiel qui finit par ouvrir les yeux, Gerd Wiesler monstre froid guetté par l'humanisation, Christa Maria Sieland contrainte à des choix impossibles…), Florian Henckel von Donnersmarck livre une radiographie implacable des réalités de la "démocratie populaire" allemande, en même temps qu'il pose des questions passionnantes sur le rôle de l'art ou la responsabilité individuelle…
Pour l’exploitation pédagogique de ce film, on renverra à notre mini-site La Vie des Autres, qui propose deux dossiers pédagogiques :
— en Histoire, Jean-Charles Geslot et Valérie Marcon s’appuient sur l’exemple de la RDA pour étudier les caractéristiques d'un régime totalitaire
— en Allemand, Stéphane Gödicke propose une exploitation linguistique et culturelle très détaillée du film.
On pourra également s’apppuyer sur le numéro spécial du supplément Cinéclasse du Monde de l’Education, qui comprend notamment un grand entretien avec l’universitaire Jacques Rupnik. Et on se reportera à cette interview du réalisateur Florian Henckel von Donnersmarck sur le site Vousnousils.fr.
[La Vie des Autres de Florian Henckel von Donnersmarck. 2006. Durée : 2 h 17. Distribution : Océan Films. Sortie le 31 Janvier 2007]
Le Festival Cinéallemand pour les Jeunes c'est comme le Tour de France : ça se termine toujours sur les Champs-Elysées. Nous n'avions pas eu l'occasion en septembre 2005 de signaler le lancement de la deuxième édition de ce festival itinérant, lancé et animé par le Goethe Institut. Saluons donc son arrivée dans la capitale, dernière des quarante villes à accueillir le festival. Cinq films choisis parmi la sélection nationale, pour la plupart inédits en salle, seront projetés en matinée et pour une séance unique au Cinéma le Balzac, du 24 au 31 Janvier. Ils font l'objet d'un substantiel accompagnement pédagogique, en langue allemande uniquement, sur le site du Goethe Institut (interviews, liens divers) : Sonnenallee, Die Blindgänger, The Edukators (Die fetten Jahre sind vorbei), Kroko, Die Spielwütigen.
Et donnons rendez-vous en septembre 2007 pour le lancement de Cinéallemand 3, qui reprendra peut-être le film La Vie des autres (Das Leben der Anderen), dans les salles le 31 Janvier.
[Photo : The Edukators de Hans Weingartner]
L'information n'est pas de première main : l'ensemble des médias français et européens s'est fait l'écho de la sortie allemande, le 11 janvier dernier, du film Mein Führer de Danny Levy, autoproclamé "première comédie sur Adolf Hitler". Le film montre un Hitler dépressif que seul peut dérider son ancien professeur d'art dramatique, juif comme de bien entendu et… sorti d'un camp de concentration pour rendre le sourire au Führer : "Lorsqu'en 1944, les Russes sont aux portes de l'Allemagne et alors que la guerre totale semble définitivement perdue, le Führer veut mobiliser le peuple allemand dans son discours du Nouvel An. Mais Hitler n'est pas d'humeur à le faire. Malade, dépressif, il ne veut pas apparaître en public et Goebbels fait tout pour gagner du temps. Dans l'urgence, il fait sortir du camp de concentration de Sachsenhausen l'ancien professeur d'art dramatique de Hitler, Adolf Gründbaum, de confession juive. Il est le seul à pouvoir l'aider à retrouver de l'entrain."
De ce côté-ci du Rhin personne n'a encore vu le film (dont il n'est même pas sûr qu'il sortira un jour en France), ce qui ne l'empêche pas de faire parler de lui dans les médias et sur le net. Ainsi, le quotidien Libération en faisait sur son site Internet ainsi la question du jour (Peut-on faire de l'humour avec Hitler ?), tandis que la version web du Monde consacrait un portfolio à Hitler, inépuisable personnage de cinéma, preuve que la personnalité du Führer n'a pas fini de fasciner les foules.
Sans préjuger de la réussite artistique du film, on peut reconnaître à Mein Führer d'avoir réussi un beau coup marketing, en transgressant deux tabous pour le prix d'un : en faisant de Hitler son héros (cf la polémique autour de La Chute de Oliver Hirschbiegel) et en traitant cette période de l'histoire sur un mode comique (on se rappelle de la gêne qu'avait provoqué La Vie est belle de Roberto Benigni). Les origines de l'auteur (Danny Levy est juif) et du film (c'est une production allemande) sont d'ailleurs un des éléments de la polémique.
En attendant de pouvoir juger sur pièce, les germanophones pourront en tout cas en savoir plus sur le site officiel du film, et notamment consulter le… dossier pédagogique proposé en téléchargement…

Le mouvement de la Rose Blanche, groupe d'étudiants ayant résisté pacifiquement (principalement par la diffusion de tracts appelant à l'insurrection des consciences) au nazisme à partir du printemps 1942, a déjà fait l'objet de plusieurs films, notamment par Michael Verhoeven (Die Weisse Rose) et Percy Aldon (Fünf letze Tage).
Vous avez entre 18 et 25 ans, êtes passionné de cinéma, vous destinez aux métier de l'image et du son ?
Avis aux jeunes germanistes : pour la deuxième année, l’OFAJ et TV5 proposent à des cinéphiles de 18 à 29 ans de faire partie du jury (composé de quatre Français et trois allemands), non pas de l’ours en chocolat, mais du prix "Dialogue en perspective" (attribué à un des films de la section "Perspective Deutsches Kino") lors de la Berlinale 2006. Modalités et inscription (il faut notamment rédiger une critique du film La chute de Olivier Hirschbiegel) sur le site de l’OFAJ, jusqu’au 15 janvier 2006.
Disons-le tout de suite : Joyeux Noël de Christian Carion est à la hauteur de son beau sujet, les fraternisations au front lors du Noël 1914.
Le festival international du film scientifique (photo) se tiendra du 13 au 15 octobre au Museum d’Histoire Naturelle à Paris. La plupart des films s’astreignent aux 52 minutes réglementaires du format télévisuel mais la sélection est de qualité et d’une grande variété, aussi bien dans les disciplines explorées que l’approche cinématographique utilisée.
Faire de Jakob et Wilhelm Grimm, les folkloristes allemands, des illusionnistes indélicats escroquant les crédules, avant d’être confrontés pour de bon au surnaturel, voilà une idée de scénario qui paraissait alléchante, surtout associée au nom de Terry Gilliam.
A l’occasion de la (énième) reprise en salles à Paris de M le Maudit (1931), disponible en DVD depuis quelques temps déjà, rapide tour d’horizon des ressources pédagogiques qui existent en ligne sur le chef d’œuvre de Fritz Lang.
Pédagogique, scolaire, éducatif : ces mots s’appliquent mal au talent volcanique et sulfureux de Rainer Werner Fassbinder, et les enseignants d’allemand préfèrent généralement montrer à leurs élèves soit les grands classiques des années 20-30 (Lang, Murnau…) soit les succès récents du box-office allemand.