Même si Un secret de Claude Miller ne sortira que le 3 octobre prochain, il est possible de se plonger dès maintenant dans le passionnant supplément Cinéclasse que lui consacre Le Monde de l'Education (en partenariat avec Zérodeconduite.net) dans son numéro de juillet-août (n° 360).
Dans son éditorial, le journaliste Christian Bonrepaux fait remarquer que la simplicité de l'écriture de Philippe Grimbert, qui n'a sans doute pas été étrangère à son succès de librairie, "ouvre sur des problématiques complexes". Ce sont ces problématiques que le numéro s'attache à baliser, sans oublier de les confronter leur traduction cinématographique. Le mensuel interroge ainsi deux enseignants de philosophie (Education à l'image) et une professeure de Français (De la salle à la classe) sur les thématiques abordables en classe : la dimension autobiographique du roman, l'introduction aux concepts de la psychanalyse, la traduction cinématographique du réseau métaphorique du livre, etc.
Il interviewe plus longuement le psychiatre et psychanalyste Maurice Corcos, spécialiste du lien entre littérature et enfance, qui analyse très finement les liens entre roman familial et Histoire, traçant des parallèles avec des auteurs comme Georges Pérec (à qui il a consacré un livre, Penser la mélancolie, Albin Michel, 2005), Primo Levi ou Orson Welles : "La grande histoire a volé son frère au jeune garçon, le narrateur. Elle se noue, s’enchevêtre jusqu’à l’étranglement avec l’histoire familiale, la relation amoureuse entre son père, Maxime, et Tania, le sacrifice d’Hannah, la mère. C’est ce télescopage et la fièvre du temps qu’il génère qui confère sa force et son originalité à ce roman autobiographique et en même temps fictionnel au sens de la place qu’il donne non seulement aux faits mais aussi à la mémoire nostalgique que prodiguent les fantasmes et l’imaginaire."
Cinéclasse, Le Monde de l'Education N° 360, Juillet-août 2007

Non, ce n’est pas Simone de Beauvoir, même si l’éditrice de Jean-Dominique Bauby est jouée par la même Anne Alvaro, ni Jean-Paul Sartre, même si la paralysie du narrateur interprété par Mathieu Amalric peut évoquer le visage tordu du philosophe qu’incarnait Denis Podalydès : passé ces moments de confusion due au visionnage un peu plus tôt dans l’année d’un téléfilm consacré à l’auteur de La Nausée, la discussion s’engage avec les élèves de Terminale littéraire du lycée Eugène Ionesco d’Issy les Moulineaux, réunis sur la base du volontariat pour la projection du film Le Scaphandre et le papillon, adapté par Julian Schnabel du livre de Jean-Dominique Bauby.
Si ce sont les partis pris de mise en scène (notamment cette première partie en "caméra subjective") qui interpellent et partagent tout d’abord le groupe, les échanges s’affinent rapidement autour du riche réseau d’images et de métaphores que tisse le film, et s’élargissent à une réflexion sur la maladie : la présence centrale, relativement rare au cinéma (on peut faire écho à la réflexion menée sur ce site autour du film Le temps qui reste), de la figure du malade, l’évocation sans tabou de ses souffrances mais aussi de sa vitalité et de son désir, etc…
Au bout du compte, si Le Scaphandre et le papillon reste avant tout un film "dur" selon la conclusion des élèves, il réussit à dépasser la facilité de faire de ce récit une expérience de seule compassion.
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[THX 1138 Director's cut de George Lucas (reprise). 1971. Durée : 1 h 28. Distribution : Solaris. Sortie le 13 juin 2007]
Auteur de deux magnifiques long-métrages à la lisière du documentaire (Paria et La Blessure, saisissantes plongées dans les marges de la société), Nicolas Klotz se lance avec La Question humaine dans la fable philosophique, via l’adaptation d’un court roman de François Emmanuel. Le film raconte l’histoire de Simon, psychologue d’entreprise qui à l’occasion d’une enquête sur l’un de ses directeurs, va se retrouver confronté à un passé qui n’est pas le sien. La thèse de François Emmanuel et Nicolas Klotz est qu’il n’y a pas de différence de nature entre la politique salariale des entreprises capitalistiques modernes et le système nazi d’extermination des juifs : la barbarie commence quand le langage technique fait disparaître la "question humaine" et dédouane ceux qui l’emploient de tout questionnement moral.
La réflexion, provocante, pourrait être stimulante. Elle est hélas invalidée ici par une certaine lourdeur symbolique du scénario, qu’accentue encore la grandiloquence de la mise en scène. Ainsi, l’entreprise pétrochimique pour laquelle travaille Simon s’appelle la SC Farb : allusion transparente à la IG Farben, le conglomérat qui entre autres fournissait le gaz Zyklon B au régime nazi. D'abord séduit par cette attaque radicale du libéralisme, le spectateur finit par se récrier devant ces analogies lourdingues entre CAC 40 et Troisième Reich. Peut-on sincèrement identifier les victimes de plans sociaux à celles des camps d’extermination ? Le peuple zélé des cadres à des héritiers d’Eichmann ? Est-ce que toute entreprise de rationalisation managériale est nécessairement frappée du sceau du fascisme ?
L’ennui et l’agacement tournent franchement au malaise quand l’évocation de la Shoah ne semble plus qu'au service de l’exercice de style: ainsi de la séquence finale, mi-Duras mi-Lanzmann, où sur fond d’écran noir la voix de Mathieu Amalric énumère les prénoms de déportés entrecoupés de mots allemands.
La Question humaine de Nicolas Kotz. Quinzaine des Réalisateurs.
D’un côté les chiffres (hectolitres de lait, milliers de têtes, tonnes de blé) tellement énormes qu’ils en deviennent abstraits, de la guerre économique mondiale ; de l’autre côté les images, rassurantes voire lénifiantes des publicités télévisées ou des emballages de produits cuisinés : notre rapport à l’industrie agroalimentaire est marqué par une certaine schizophrénie.
Sortant en France à un mois d'intervalle, deux documentaires autrichiens s’attachent à réajuster nos représentations de consommateurs aux réalités du productivisme… Si le film-enquête We Feed the World (sortie le 25 avril, mini-site pédagogique à venir sur Zérodeconduite.net) prend le parti de l'explication et de la pédagogie, Notre pain quotidien de Nikolaus Geyrhalter se distingue au contraire par son splendide hermétisme. A mi-chemin entre installation artistique (fixité et composition des cadres, travail sur la lumière et le chromatisme, on pense à la photographie contemporaine, notamment aux grands formats d’Andreas Gursky) et cinéma documentaire, Notre pain quotidien provoque un émerveillement mêlé d’effroi, et nous laisse plein d'interrogations…
Pour étayer la réflexion on renverra à la courte interview où le réalisateur précise ses intentions ("Car c’est bien notre manière de vivre qui est scandaleuse ; cette économie, cette efficacité sans âme étant intrinsèquement liée au mode de vie de nos sociétés. Il n’y a rien de mal à acheter des produits bios, à vouloir manger moins de viande ! Mais c’est aussi une excuse. Nous apprécions tous les fruits de l’automatisation, de l’industrialisation, d’une globalisation qui suit son cours et dont les répercussions vont bien au-delà de l’agroalimentaire…") et aux Pistes pour la classe proposées par Philippe Leclercq sur le site du CNDP ("Leur beauté glacée que l’on peut prendre pour un souci de neutralité du cinéaste devient par son application et sa constance la manifestation de la laideur morale du système, de son cynisme froid et dur comme la limpidité tranchante des images."). Présenter ce film à des élèves tient évidemment de la gageure, tant la proposition est radicale, voire violente… Aussi c'est peut-être en Philosophie qu'on tirera le mieux parti de ce film, notamment lors du chapitre sur le vivant.
[Notre pain quotidien de Nikolaus Geyrhalter. 2006. Durée : 1 h 32. Distribution : KMBO. Sortie le 14 mars 2007]
Difficile de définir le sentiment qu'on ressent à la sortie de Volem rien foutre al païs, le nouveau documentaire de Pierre Carles... si la démarche dénonciatrice et subversive déjà amorcée dans Attention danger : travail apporte de nombreux moments de jubilation, c'est plutôt le malaise qui ressort de la présentation des quelques "voies alternatives" présentées par Pierre Carles et ses complices dans ce film. Commençons par le meilleur : Volem... contient une force contestataire vivifiante, une façon d'enfin clamer ce que nous savons tous sans oser nous l'avouer chaque jour devant les rayons des supermarchés, les vitrines des concessionnaires automobiles, les devantures des fast-food : nous passons la majeure partie de notre vie à produire, consommer et en bout de course, jeter... de la m... ! Jubilation devant la déroute du patron venu doctement expliquer les règles de la production et de la gestion en entreprise, auquel de simples citoyens renvoient sans circonvolutions l'artificialité des besoins qu'il crée : "si vous devez changer votre production tous les trois ans, c'est que ce que vous produisez ne vaut rien !" Le film dénonce avec beaucoup de fermeté l'absurdité du travail aujourd'hui. Et c'est là que le bât commence à blesser, lorsque, prétendant présenter des voies alternatives au travail, Pierre Carles nous présente des gens qui consacrent la majeure partie de leur temps et de leur énergie à... travailler !
Certes, au lieu de le faire "pour l'ennemi", ces doux dingues travaillent pour eux, construisent leurs "chiottes sèches", bricolent des pompes à eau dans des extincteurs recyclés, luttant chaque jour pour se procurer de manière autonome l'essentiel. Mais faute de clarifier la notion de travail (voir ce numéro de Magphilo consacré à La Valeur du travail) Volem... laisse le spectateur perplexe devant ces alternatives : ainsi, pour remettre en cause le capitalisme, suffirait-il donc de remplacer le travail salarié par l'autogestion ?
Tous les opposants au système doivent-ils donc retourner habiter nos campagnes pour prouver qu'un autre monde est possible ? Ces voies alternatives ont-elles seulement un avenir quand on constate par exemple qu'aucun des groupes présentés n'a d'enfants à charge ? Sans parler de la deuxième grande absente de ces expériences : la culture, l'esthétique.
Confondant sous le même terme "travail", les notions d'emploi salarié, d'exploitation et d'activité, le film a tendance à jeter le bébé de l'immense progrès humain qu'a permis la division technique du travail avec l'eau (sale) du bain capitaliste. On aurait aimé une démarche intellectuelle et politique ayant plus d'envergure, bref, l'ouverture de réelles perspectives d'action et de changement.
[Volem rien foutre al païs de Pierre Carles. 2004. Durée : 1 h 47. Distribution : Shellac. Sortie le 7 mars 2007]
Sorti le 8 mars 2006 à l'occasion de la Journée internationale de la femme, le film de Florence Ayisi et Kim Longinotto, documentaire tonique et émouvant sur le combat de deux femmes de loi camerounaises (une juge et une avocate, les sisters du titre) contre les violences familiales et conjugales, n'avait pas trouvé son public, dans un contexte médiatique et commercial fortement concurrentiel (deux autres films se revendiquaient à la même date du combat féministe). Espérons que sa récente édition en DVD permettra de réparer cette injustice, et que le film deviendra un classique des salles de classe.
Il le mérite car le charisme truculent de ses "héroïnes" ainsi que l'exemplarité des affaires présentées permettent d'intéresser les élèves à des thématiques fondamentales : la justice et le sens de la peine, la violence (notamment dans le cercle familial), l'émancipation des femmes, et ce dans un certain nombre de disciplines (Lettres, Philosophie, SES, ECJS, Sciences médico-sociales).
C'était en tout cas l'objectif du mini-site pédagogique que nous avions mis en ligne à l'occasion de la sortie de ce film, qui propose notamment des didactisations du film dans trois disciplines : ECJS (Les femmes et leurs droits : une reconnaissance fragile), Philosophie (La Justice et le féminin, où comment déposer la "domination masculine" et accéder à l'universel), Lettres (Qu'est-ce qu'un "documentaire engagé" ?)…
Et rappelons pour finir qu'un certain nombre d'associations de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants s'étaient associées à ce film pour mener un travail de sensibilisation dans les établissements scolaires, et qu'elles constituent un réseau irremplaçable d'intervenants et de personnes ressources pour les enseignants, notamment quand ils sont confrontés à des cas dramatiques comme ceux présentés dans le film.
L'information n'est pas de première main : l'ensemble des médias français et européens s'est fait l'écho de la sortie allemande, le 11 janvier dernier, du film Mein Führer de Danny Levy, autoproclamé "première comédie sur Adolf Hitler". Le film montre un Hitler dépressif que seul peut dérider son ancien professeur d'art dramatique, juif comme de bien entendu et… sorti d'un camp de concentration pour rendre le sourire au Führer : "Lorsqu'en 1944, les Russes sont aux portes de l'Allemagne et alors que la guerre totale semble définitivement perdue, le Führer veut mobiliser le peuple allemand dans son discours du Nouvel An. Mais Hitler n'est pas d'humeur à le faire. Malade, dépressif, il ne veut pas apparaître en public et Goebbels fait tout pour gagner du temps. Dans l'urgence, il fait sortir du camp de concentration de Sachsenhausen l'ancien professeur d'art dramatique de Hitler, Adolf Gründbaum, de confession juive. Il est le seul à pouvoir l'aider à retrouver de l'entrain."
De ce côté-ci du Rhin personne n'a encore vu le film (dont il n'est même pas sûr qu'il sortira un jour en France), ce qui ne l'empêche pas de faire parler de lui dans les médias et sur le net. Ainsi, le quotidien Libération en faisait sur son site Internet ainsi la question du jour (Peut-on faire de l'humour avec Hitler ?), tandis que la version web du Monde consacrait un portfolio à Hitler, inépuisable personnage de cinéma, preuve que la personnalité du Führer n'a pas fini de fasciner les foules.
Sans préjuger de la réussite artistique du film, on peut reconnaître à Mein Führer d'avoir réussi un beau coup marketing, en transgressant deux tabous pour le prix d'un : en faisant de Hitler son héros (cf la polémique autour de La Chute de Oliver Hirschbiegel) et en traitant cette période de l'histoire sur un mode comique (on se rappelle de la gêne qu'avait provoqué La Vie est belle de Roberto Benigni). Les origines de l'auteur (Danny Levy est juif) et du film (c'est une production allemande) sont d'ailleurs un des éléments de la polémique.
En attendant de pouvoir juger sur pièce, les germanophones pourront en tout cas en savoir plus sur le site officiel du film, et notamment consulter le… dossier pédagogique proposé en téléchargement…
"Comment continuer à vivre ensemble après tant de violence et de haine ? Quelle attitude adopter face à l’impunité ? Se résigner ou se faire justice soi-même" se demande le réalisateur et scénariste Mahamat-Saleh Haroun dans Daratt (Saison sèche). La fable qu'il a imaginée illustre ces interrogations de manière limpide : un jeune orphelin se rend chez l’homme qui a tué son père, un revolver dans la poche, bien décidé à rendre une justice que la justice lui a refusé, à lui et à toutes les victimes de la guerre civile.
Les nouvelles du cinéma africain sont rares, alors autant les savourer quand elles sont bonnes. Ainsi après le succès récemment obtenu auprès du public et des enseignants par Bamako d'Abderrahmane Sissako, souhaitons une même carrière au remarquable Daratt de Mahamat-Saleh Haroun (le 27 décembre), produit par Sissako lui-même. Daratt et Mahamat-Saleh Haroun viennent du Tchad, pays que la Cinémathèque des Trois Mondes (voir notre article Une filmographie africaine) décrit en ces termes :
Zéro de conduite.net inaugure une nouvelle rubrique : De la salle à la classe. Son principe, comme son nom ne l'indique pas forcément, est de rendre compte de la réception d'un film par les élèves, et de l'écart inévitable (et toujours intéressant) entre les objectifs pédagogiques de l'enseignant et les bénéfices réels de la projection puis de l'exploitation de l'œuvre.
Paris, 1970. La vie simple et confortable d'Anna, 9 ans, va être bouleversée par le nouvel engagement politique de ses parents.
Alors que le film continue sa carrière sur les écrans, on signalera, en complément à notre séance pédagogique, l'article de Philippe Leclercq pour les Actualités pour la classe du CNDP. Il y analyse "l'animalité des hommes" et voit dans le film une "parabole de l'humanité retrouvée". Il consacre également quelques beaux développements au langage cinématographique de Bruno Dumont, mettant en avant son "esthétique de l'épure" :
Ouvrant le bal des adaptations de l'automne (Le Parfum de Tom Tykwer, Le Grand Meaulnes de Daniel Verhaeghe), l’oeuvre de Michel Houellebecq qui avait défrayé la chronique en 1998 arrive sur les écrans dans la version allemande d'Oskar Roehler. Si le roman paraît difficilement exploitable en cours pour des lycéens en raison d’une écriture crue, voire pornographique, il n’en demeure pas moins intéressant pour le tableau sociologique des trente dernières années qu’il dresse, le rapport de soi à autrui et l’impossibilité de communiquer qui l’affecte. Le film parvient à retranscrire avec justesse un roman à la fois comique et désespéré, sans toutefois aller jusqu’au bout de l’inhumanité comme chez Houellebecq.
Hasard du calendrier, Zéro de conduite s'est fermé cet été et rouvre en cette rentrée sur le très beau Flandres de Bruno Dumont. On rappellera donc à nos lecteurs à la fois notre enthousiasme cannois et l'existence d'une séance pédagogique complète consacrée au film par une enseignante de Philosophie (télécharger au format pdf).
Rétrospectivement, il s'agissait sans doute de notre coup de cœur du dernier Festival de Cannes. D'où notre envie de mener sur Flandres de Bruno Dumont un travail aprofondi, et de le recommander à nos collègues, notamment de Philosophie.
Parmi les innombrables questions qui se posèrent, au lendemain du 11 septembre, dans les décombres encore fumants du World Trade Center, il y eut des questions de cinéma : l’industrie hollywoodienne pouvait-elle continuer comme avant et ignorer un événément qui remettait si profondément en question son système de valeurs et de représentations ? Quand et comment les scénaristes, cinéastes et producteurs allaient s’emparer de l’événement et en donner une traduction filmique ?
Extrêmement attendu en France en général et au Festival de Cannes en particulier, le dernier film de Nanni Moretti a quelque peu déconcerté le public et les commentateurs, qui se sont rendus compte avec une surprise parfois mêlée de déception de ce que serinaient le réalisateur et les critiques italiens depuis la sortie du film en Italie : à savoir que Le Caïman n'était pas ni pamphlet politique ni un film sur Silvio Berlusconi…
The Road to Guantanamo où comment quatre jeunes anglais partis de Tipton pour assister à un mariage au Pakistan reviendront trois, deux ans et demi plus tard, après être passés par l'Afghanistan en guerre et les geoles américaines de Guantanamo Bay.
Considéré comme un classique du cinéma de science-fiction pour l'inventivité de son scénario (adapté d'un classique du maître de l'anticipation Richard Matheson) et des effets spéciaux qui n'ont rien perdu de leur charme, L'homme qui rétrécit de Jack Arnold (1957) est souvent programmé dans la catégorie jeune public (voir cette fiche Ecole et Cinéma). On trouvera ainsi en ligne de nombreuses fiches ou études pédagogiques : sur les sites Cinéma Parlant, Cinéfeuille, du CRDP de Bordeaux (pdf), du CRAC de Valence…
"Ces gens ne méritent pas qu’on leur consacre un film… " cette phrase, entendue à la sortie de la projection matinale de Flandres, résume bien le décalage entre le cinéma de Bruno Dumont et une certaine idée, majoritaire, du cinéma et du Festival.
Voila un film qui s'est entouré de nombreuses cautions : celle du Prix Nobel de littérature 2002, le hongrois Imre Kertesz, qui signe le scénario (adapté de son roman autobiographique) ; celle de Jorge Semprun, autre grand écrivain de l’expérience concentrationnaire, qui livre une analyse plutôt favorable dans le premier numéro du magazine Philosophie ; celle enfin de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, partenaire officiel du film…
L’animal est-il un objet (un gibier ?) de géographie ? C’est muni de cette interrogation, et fort d’une réflexion déjà bien entamée sur le site des Cafés Géographiques que Gilles Fumey est allé voir La Planète Blanche de Thierry Piantanida et Thierry Ragobert. Sa critique du film tourne ainsi autour de la notion de territoire, commune aux géographes et aux éthologues : La Planète Blanche peut-elle ainsi nous montrer "la manière dont les animaux construisent leur territoire, en fonction des saisons, mais aussi des espèces avec lesquelles ils sont obligés de partager certains milieux" ? Pas vraiment, hélas… La recherche de l’esthétisme et du spectaculaire (Gilles Fumey raille le "destin de fonds d’écran" de toutes ces sympathiques bestioles), l’anthropomorphisme obligé (même s’il n’atteint pas celui de La Marche de l’empereur), voire le mysticisme du commentaire (il parle de "sirupeux sermon", "d’encens écologique") rendent difficilement déchiffrable l’espace arctique et son seigneur, l’ours blanc.
Déjà signalé à l’occasion de la séance du mois et du mini-site pédagogique que nous lui consacrons, Sisters in law de Kim Longinotto et Florence Ayisi sort aujourd’hui sur les écrans, à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme.
Changement de configuration pour la Séance du mois : celle-ci paraîtra désormais en début de mois. La séance du mois de février devient donc celle du mois de mars. Elle a la particularité d’être triple, et d’être consacrée à un film qui sortira la semaine prochaine.