L'actualité educative du cinéma
Porté au pinacle par une Palme d'or, la première attribuée à un film français depuis Sous le soleil de Satan de Pialat en 1987, Entre les murs a constitué l'événement du dernier Festival de Cannes. C'est sans doute le film le plus attendu de la rentrée, notamment parmi le public enseignant, et son retentissement devrait être à la hauteur des attentes qu'il suscite. Rarement en effet un film aura mis en scène avec autant d'attention, de précision et d'empathie ce qui se passe dans l'enceinte d'un établissement scolaire et entre les murs d'une salle de classe.
Film sur l'école et la pédagogie Entre les murs est-il pour autant un film "pédagogique" ? Au-delà de l'effet-miroir forcément destabilisant, pour les uns (enseignants) comme pour les autres (les élèves), au-delà des passionnants débats qu'il ne manquera pas de nourrir en salle des profs, la réponse n'était pas évidente a priori… Mais à bien y regarder, Entre les murs comporte une riche matière pour mener une réflexion en classe, aussi bien en Français on peut rattacher le film à une longue tradition d'écrits sur l'école), qu'en ECJS (Entre les murs pose explicitement la question du "vivre ensemble"), de manière plus élaborée, en SES (sur le rapport entre école et inégalités sociales). Dans ces trois disciplines et au-delà, c'est l'occasion rare d'un retour réflexif, à la fois ludique et profond, sur la réalité scolaire, qui trouverait toute sa place lors d'une heure de vie de classe : il permet d'aborder les thèmes de la relation entre professeurs et élèves, du sens des apprentissages, des droits et des devoirs…
C'est pourquoi Zérodeconduite.net n'a pas hésité longtemps à consacrer un long dossier pédagogique au film de Laurent Cantet. Celui-ci propose en introduction une série d'approches thématiques sur le film ("Une fiction du réel", "Vivre ensemble", "Le langage"…), et trois chapitres d'activité, en Français (pour les Seconde et les BTS), en ECJS (Sixième et Seconde) et en SES (Terminale ES).
Le dossier est téléchargeable sur le site pédagogique du film dans sa version intégrale, mais les enseignants peuvent également télécharger chacune des parties séparément. Le corrigé des activités seront disponibles dans le "Club Enseignant Zérodeconduite" qui ouvrira le mercredi 10 septembre. Le site pédagogique du film proposera également une série de liens vers toutes les ressources internet sur et autour du film…
Entre les murs de Laurent Cantet, au cinéma le 24 septembre
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 05.09.08 à 18:43 - 46 commentaires

Après de longues vacances, c'est comme ailleurs sur la rentrée sur Zérodeconduite, qui vous propose un programme copieux pour les deux prochains mois.
Comme c'est de saison, les films du dernier festival de Cannes ont fait leur apparition dans les salles : sortis cet été, Gomorra et Le Silence de Lorna sont encore à l'affiche, rejoints ce mercredi par le très beau Sel de la mer d'Annemarie Jacir. On attendra ensuite avec impatience les deux chocs que furent, dans des registres très différents, Dernier maquis de Rabah Ameur-Zaïmeche (l'auteur de Wesh Wesh et Bled number one) La Vie moderne de Raymond Depardon (le 29/10), et la caméra d'or Hunger de Steve Mac Queen, sans oublier la fiction documentaire de Claire Simon sur le Planning familial, Les Bureaux de Dieu.
Au chapitre des curiosités, on évoquera tout à la fois Rumba du tandem Abel-Gordon, qui après leur rafraîchissant Iceberg (2006) continuent à creuser la veine du burlesque (le 10 septembre) : "l'histoire d'un couple qui tombe et se relève, qui retombe et qui se re-relève, qui re-retombe et qui se re-re…" ; La Belle personne de Christophe Honoré (Les Chansons d'amour), variation contemporaine (transposée dans un lycée parisien) de La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette, réponse au mépris affiché par le pas encore président Nicolas Sarkozy (souvenez-vous de la petite phrase sur la guichetière et Madame de La Fayette) ; et Faubourg 36, comédie de Christophe Barratier (le réalisateur des Choristes) sur un cabaret au temps du front populaire (le 24 septembre). Les amateurs d'histoire guetteront également la sortie de Miracle à Santa Anna, hommage de Spike au soldats noirs américains de la Seconde Guerre Mondiale, déjà rattrapé par la polémique.
Mais l'événement de la rentrée sera évidemment la sortie d'Entre les murs, tant attendu après sa Palme d'Or et que l'on pourra découvrir à partir du 24 septembre. Zérodeconduite.net a travaillé tout l'été pour vous proposer le site pédagogique du film et son copieux dossier d'accompagnement : une analyse thématique fouillée du film et plus de trente pages d'activités en Français, ECJS et SES…
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 02.09.08 à 11:59 - 2 commentaires
La vie ne s'est pas arrêtée à Auschwitz : comme ailleurs chaque année les printemps y renaissent et les étés s'y épanouissent, comme ailleurs chaque jour les gens y mènent leur vie ordinaire, insoucieux du poids de l'histoire. Seuls la ronde des autocars climatisés et l'afflux régulier des touristes à casquette rappellent les brûlures de l'Histoire, en même temps qu'ils font marcher le commerce.
Sur les pas de Sven, jeune allemand venu effectuer son service civil à Oswiecim-Auschwitz en Pologne, Et puis les touristes (remarqué au dernier Festival de Cannes dans la section Un certain Regard et primé au Festival du film d'Histoire de Pessac) de Robert Thalheim tresse une réflexion délicate sur les mécanismes de la mémoire et de l'oubli : tiraillé entre son amour naissant pour la jeune Ania et sa compassion pour Krzeminski, un survivant du camp dont il est chargé de s'occuper, Sven sera obligé de mettre au clair son propre rapport à l'Histoire.
Zérodeconduite.net propose un nouveau site pédagogique autour de Et puis les touristes : http://www.zerodeconduite.net/etpuislestouristes. Il propose notamment un dossier pédagogique destiné aux enseignants d'allemand, ainsi que le supplément V.O.Scope édité par le magazine Vocable : 4 pages pour découvrir le film en version originale…
Et puis les touristes : au cinéma le 14 mai
Le site officiel
Le site pédagogique
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 03.05.08 à 16:30 - Réagir
Jusqu'où peut aller la démocratie pour lutter contre le terrorisme ? C'est la question qui est au cœur de GAL, le nouveau thriller de Miguel Courtois (dont El Lobo, sorti en 2006, était déjà consacré à ETA) : il revient sur le scandale des Groupes Antiterroristes de Libération qui firent régner dans les années 1980 au pays basque une sorte de "contre-terreur" destinée à faire pièce aux actions sanglantes d'ETA. Une quarantaine d'attentats, 27 victimes (dont certaines n'avaient rien à voir avec ETA) : leur sinistre bilan fit trembler l'état espagnol sur ses bases quand il fut démontré que le groupe paramilitaire avait bénéficié de complicités et de soutiens au plus haut de l'état, jusqu'au sein du gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez.
Mettant en scène des personnages fictifs mais basé sur des faits réels, GAL raconte l'enquête de deux journalistes (José Garcia et Natalia Verbeke) à la poursuite de la vérité, soumis aux pressions de tous bords.
Nous consacrons à ce film notre nouveau site pédagogique espagnol, qui propose :
— un dossier d'accompagnement pédagogique réalisé par une enseignante d'espagnol
— le supplément VO-Scope réalisé par le magazine Vocable (en partenariat avec Zérodeconduite.net) : quatre pages en espagnol (avec la traduction du vocabulaire le plus diffcile) pour découvrir le film, à distribuer sans modération aux élèves.
Le site pédagogique
GAL, au cinéma le 7 mai
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 28.04.08 à 18:30 - Réagir
On l’a dit usé, démodé, obsolète ; on a prédit sa chute avec celle du mur de Berlin : on l’a traité de "relique de la guerre froide". En plein XXIème siècle, l’agent Bond n’en continue pas moins de porter le fer dans le coins chauds du globe, de parcourir ses lignes de faille géopolitiques. Le dernier épisode des aventures de 007, Quantum of solace, réveille ainsi, nous rapporte Le Monde, un différend frontalier opposant… le Chili et la Bolivie depuis 1884.Posté dans L'agenda par zama le 18.04.08 à 23:30 - 2 commentaires
Dans son éditorial, Christian Bonrepaux appelle ça avec humour un "délit de grande gueule". La grande gueule aux dents bien pointues, c'est celle du requin, que sa sinistre (et fausse) réputation de mangeur d'hommes, largement popularisée par le cinéma, a rendu moins populaire que la baleine à bosse, du bébé-phoque ou l'ours blanc, et donc moins facile à défendre.
Le Cinéclasse de ce mois-ci revient donc sur Les Seigneurs de la mer de Rob Stewart, long-métrage documentaire qui sortira dans les salles de cinéma le 9 avril, et auquel nous avons consacré notre nouveau site pédagogique (dossiers d'accompagnement en SVT et en ECJS-Géographie). Illustré des superbes photos du film, le supplément interroge notamment le "requinologue" Bernard Seret, qui confirme et complète l'inquiétant constat délivré par le film : ravages de la pêche à la palangre, du shark-finning (pratique qui consiste à ne prélever que l'aileron, et à rejeter le requin agonisant à la mer), baisse drastique (de 60% à 90%) des populations de requins depuis quelques années. Mais Le Monde de l'Education replace également la "question requine" dans le cadre plus général de la surexploitation des ressources océaniques, en interrogeant le scientifique Philippe Cury, dont le titre du dernier livre résume bien la question : Une mer sans poissons ? Inutile de dire que le dossier et le film tombent à point nommé en pleine Semaine du développement durable (jusqu'au 7 avril).
Cinéclasse, supplément au Monde de l'Education n° 368 (avril 2008), en kiosques jusque fin avril
> Les Seigneurs de la mer (Sharkwater), au cinéma le 9 avril
> Extraits du film sur Curiosphere.tv
> Le site pédagogique :
Dossier en SVT
Dossier en ECJS/Géographie
Cinéclasse
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 04.04.08 à 18:46 - 1 commentaire
Il n'a pas exactement bonne presse auprès du grand public. On pourrait même dire qu'il figure en bonne place au hit-parade des frayeurs contemporaines. Le requin n'est pourtant pas si féroce que le cinéma, depuis Steven Spielberg au moins (Les Dents de la mer, 1975) a voulu le montrer.
Et son extinction programmée (sous la pression de la pêche industrielle et de la pratique particulièrement cruelle du shark-finning) menace l'équilibre des écosystèmes marins, dans lesquels il assure le rôle de grand prédateur, tout en haut de la chaîne alimentaire. Voici la thèse que défend avec panache Les Seigneurs de la mer, dans lequel le biologiste et photographe sous-marin Rob Stewart ferraille à la fois contre les trafiquants internationaux (l'aileron de requin, prisé sur les tables asiatiques, est à la base d'un lucratif commerce) et contre l'indifférence générale. S'il s'inscrit dans la lignée des documentaire militants comme Le Cauchemar de Darwin (voir notre dossier) ou We Feed the world (notre site pédagogique) Les Seigneurs de la mer est également le film d'un amoureux des requins, qui nous offre des images superbes et inédites des différentes espèces de squales.
Zérodeconduite.net consacre aux Seigneurs de la mer son nouveau site pédagogique, qui propose de multiplier les approches : si le film trouve naturellement sa place dans les programmes de SVT, au collège et au lycée, ainsi que dans le cadre de l'Education au Développement Durable, il permet également de réflechir, en classe de Géographie et d'ECJS, aux conséquences environnementales de la mondialisation, et aux moyens de les contre… Le film proposera également de télécharger le supplément Cinéclasse du Monde de l'Education.
Les Seigneurs de la mer de Rob Stewart. Au cinéma le 9 avril
Le site officiel du film
Le site pédagogique de Zérodeconduite.net
> Les enseignants de SVT, Histoire-Géographie, SES ainsi que les documentalistes sont invités à découvrir le film en avant-première dans certaines villes de France. Renseignements et inscriptions sur le site.
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 23.03.08 à 18:22 - 15 commentaires
Quel drôle de film peut-il se cacher derrière un titre pareil ? Un film uruguayen (c'est rare) et une excellente surprise (c'est encore plus rare). Sur un mode tragi-comique, Les Toilettes du pape (El baño del Papa) raconte la fièvre qui gagna le petit village uruguayen de Melo lors de la visite officielle du Pape Jean Paul II, il y a vingt ans de cela, chacun des habitants s'efforçant de tirer un parti commercial de la venue de milliers de pélerins brésiliens (le village est à la frontière avec le Brésil) ; le héros du film, Beto, investissant lui dans des toilettes publiques (d'où le titre). Zérodeconduite.net consacre au film un site pédagogique, qui comporte un dossier pédagogique pour les enseignants d'espagnol : "Ce film, plaisant à regarder et d’une grande richesse, se prête aisément à une exploitation pédagogique tant avec des élèves de Lycée que de Collège. Son étude s’inscrit pleinement dans les nouveaux programmes linguistiques et culturels du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), notamment les programmes culturels des secondes et premières de lycée : “vivre ensemble en société” et “les relations de pouvoir dans les sociétés de l’aire hispanique”.
Les enseignants d'Espagnol des villes de Montpellier, Toulouse et Paris sont par ailleurs invités à des avant-premières du film.
> Les Toilettes du pape, au cinéma à partir du 19 mars
> Le site pédagogique : www.zerodeconduite.net/lestoilettesdupape
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 11.03.08 à 23:43 - Réagir
Les phénomènes du cyberharcèlement et du bullying, la pratique intensive (voir compulsive) des jeux vidéo, l’accueil du handicap à l’école : il y avait de quoi intéresser Le Monde de l’Education et son supplément Cinéclasse dans Ben X. Véritable phénomène de société en Belgique, ce premier film de Nic Balthazar (dans les salles françaises à partir du 19 mars) a donné lieu à un large débat sur ces questions (voir le site officiel belge).Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 04.03.08 à 22:22 - Réagir
Philippe Faucon, du pain bénit pour les profs, notamment pour aborder ce qu'on appelle parfois pudiquement les "questions sensibles" ? Il y a deux ans, La Trahison portait un regard aussi pédagogique que subtil sur la Guerre d'Algérie, et notamment les questions identitaires que son Histoire laisse parfois en suspens. Son nouveau film, Dans la vie, s'attaque à des questions tout aussi brûlantes mais plus directement contemporaines : les relations tendues entre communautés juive et musulmane (au moment critique de la guerre du Liban, août 2006), leur lien avec le racisme et l'antisémitisme, la différence, la tolérance, la laïcité.
Tous ces thèmes sont détaillés dans le dossier pédagogique (Education civique - ECJS) proposé sur le site pédagogique du film, qui permet également de télécharger le supplément Cinéclasse du Monde de l'Education. En attendant la sortie du film de Philippe Faucon en salles (le 12 mars), les enseignants sont invités à le découvrir en avant-première à Paris, Marseille, Lille et Strasbourg.
> Dans la vie de Philppe Faucon, au cinéma le 12 mars
> Le site pédagogique Dans la vie
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 19.02.08 à 18:16 - 1 commentaire
Le "vivre ensemble" : c'est autour de cette notion qu'est construit le Cinéclasse de février 2008, consacré à Dans la vie de Philippe Faucon (dans les salles le 12 mars). Le nouveau film de l'auteur de La Trahison raconte en effet la relation tumultueuse entre deux vieilles dames, l'une juive (Esther) et l'autre musulmane (Halima), au moment où les échos de la guerre au Liban (juillet août 2006) exacerbent les tensions entre les deux communautés en France. La rédaction du Monde de l'Education donne la parole aux enseignants, en leur demandant si le film peut permettre d'aborder des questions sensibles comme le conflit judéo-arabe, ou l'antisémitisme. Pour son "grand entretien", il convoque également l'historienne Esther Benbassa, qui montre que la relation entre juifs et musulmans s'inscrit dans une très longue histoire qui alterne périodes de concorde, ainsi en Espagne sous le règne des Omeyyades, et épisodes de crispation. Cinéclasse, supplément au Monde de l'Eduction n° 366 (février 2008)
En kiosque depuis le 28 janvier 2008. Téléchargeable prochainement sur le site pédagogique du film.
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 06.02.08 à 09:55 - 1 commentaire
C’est un paradoxe fréquent quand le cinéma s’intéresse à l’Histoire : en s’attachant aux destins exceptionnels, aux histoires hors du commun, ne risque-t-il pas de trahir la vérité souvent plus prosaïque des faits ?
L’histoire véridique mais hors du commun de Salomon Sorowitsch (comment un roi de la fausse monnaie, et d'autres experts juifs déportés, deviennent l'instrument d’une vaste opération nazie destinée à destabiliser les économies alliées), est évidemment bien peu représentative du sort des millions de juifs déportés par l'Allemagne nazie. Mais le récit écrit par le survivant Adolf Burger (intitulé L’Atelier du diable), porté à l’écran dans le film Les Faussaires, offre une description précieuse du fonctionnement du "KZ" de Sachsenhausen. Il serait dommage de s’en passer, par exemple dans le cadre du programme d’Histoire de Première générale.
Alors que les réalisateurs se sont intéressés aux camps d’extermination (les fameux La Liste de Schindler de Spielberg ou La Vie est belle de Roberto Benigni, mais aussi plus récemment Etre sans destin de Lajos Koltai), ou aux ghettos juifs (Le Pianiste de Roman Polanski), peu se sont consacrés à la vie dans les camps de concentration.
C’est pourquoi nous consacrons un dossier pédagogique en Histoire au film Les Faussaires, téléchargeable sur le site pédagogique du film. Tout en soulignant ce caractère exceptionnel des faits qu’il relate, ce dossier s’appuie sur le film pour aborder les caractéristiques de l'univers concentrationnaire, mais également les relations entretenues entre les déportés eux-mêmes, plus rarement traitées dans les manuels, et les formes de résistance qui ont pu malgré tout exister dans les camps.
Dans un souci interdisciplinaire, le site pédagogique propose également une didactisation spécifique pour les enseignants d’Allemand. Et il permet enfin de télécharger le supplément Cinéclasse que le Monde de l’Education a consacré au film.
> Les Faussaires, au cinéma le 6 février
> Le site pédagogique du film
Posté dans L'agenda par zama le 29.01.08 à 17:08 - 5 commentaires
Comment représenter la Shoah au cinéma ? C’est cette question, toujours aussi brûlante , qu’aborde le nouveau supplément Cinéclasse du Monde de l’Education, consacré ce mois-ci au film de Stefan Ruzowitzky, Les Faussaires (au cinéma le 6 février) : "Comment éviter que l’émotion,légitime,vienne envahir l’écran et noyer la prise de conscience du génocide sous des larmes dont on ne sait plus si elles sont versées à propos du crime contre l’humanité ou en raison des aventures tragiques de personnages de fiction tels que le cinéma a l’habitude d’en produire ?" (éditorial).
Cinéclasse, Le Monde de l'Education numéro 365 (Janvier 2008)
En kiosque depuis le 28 décembre 2007.
Posté dans L'agenda par zama le 14.01.08 à 12:54 - 1 commentaire
Zérodeconduite.net est heureux de vous présenter son nouveau "bébé", réalisé en partenariat avec le magazine Vocable : Ciné-V.O.Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 07.01.08 à 18:29 - Réagir
Véritable thriller psychologique, Quatre Minutes (Vier Minuten) de Chris Kraus raconte la confrontation entre Traude Krüger, vieille professeur de musique qui enseigne à des détenues, et une jeune délinquante, Jenny, qui va se révéler une musicienne prodige.
Portée par une mise en scène dynamique et le charisme de ses deux interprètes, Quatre minutes (qui sort en salles le 16 janvier) est l’occasion d’aborder en classe d’allemand l’un des aspects majeurs de la culture austro-germanique, qui est pourtant rarement traité en classe : le génie musical. C’est pourquoi Zérodeconduite.net lui consacre, en partenariat avec le Goethe Institut et le magazine Vocable, son nouveau site pédagogique. Celui-ci propose un dossier pédagogique réalisé par un enseignant, qui propose de sensibiliser les élèves à la culture musicale allemande à travers le parcours des deux héroïnes du film. Les enseignants pourront également télécharger le supplément Ciné-V.O. édité par le magazine Vocable, qui propose, à destination des élèves et apprenants, une série d’articles et de brèves tirés de la presse allemande.
> Le site pédagogique Zérodeconduite.net/Quatre Minutes
> Quatre minutes de Chris Kraus. Au cinéma le 16 Janvier.
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 21.12.07 à 17:35 - 1 commentaire
"Qu’est-ce qui fait la nationalité d’un film : l’origine de son réalisateur ? les capitaux qui l’ont financé ? la langue dans laquelle il a été tourné ?" nous demandions-nous l’année dernière. A ces questions on pourait ajouter celle-ci : un film a-t-il besoin d’une nationalité ? Pour concourir aux Oscars dans la catégorie "film étranger" en tout cas, la réponse est oui, puisque le mode de sélection est national (un film par pays), et qu’il est défini par des critères assez pointilleux. Parmi ceux-ci figure l’obligation d’être "parlé" à plus de la moitié en langue étrangère (autre que l’anglais), l’intitulé exact de la catégorie étant "Best Foreign Language Film Award", "Meilleur Film en Langue Etrangère" (voir le réglement).Posté dans L'agenda par zama le 03.12.07 à 18:44 - 4 commentaires
Le jeu de rôle : c’est le point de départ de la démarche documentaire de Françoise Marie, initié dans son court-métrage Petites histoires de reins du tout (1999). Il s’agit de débusquer dans l’improvisation une vérité qui ne s’exprimerait pas forcément ailleurs, dans des entretiens frontaux ou des plans "pris sur le vif". Alors que le court-métrage mettait en scène des enfants malades dans des situations vécues à l’hôpital, On dirait que…, son premier long-métrage (au cinéma le 5 décembre), s’attaque à l’univers des métiers : il fait jouer sept groupes d’enfants (de 8 à 13 ans) sur la profession de leurs parents (agriculteur, médecin, épicier…).Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 28.11.07 à 15:07 - Réagir
Quoi de neuf ? Chaplin ! On a envie de paraphraser Sacha Guitry (par ailleurs mis à l’honneur à la Cinémathèque Française) en lisant le nouveau numéro de Cinéclasse, le supplément cinéma du Monde de l’Education (édité en partenariat avec Zérodeconduite.net).Cinéclasse, Le Monde de l'Education N° 363, novembre 2007
Posté dans L'agenda par zama le 06.11.07 à 12:48 - 5 commentaires
Trois vies et un (seul) procès : ainsi pourrait-on résumer l’itinéraire de Klaus Barbie, tortionnaire nazi célèbre pour son passage à la tête de la Gestapo lyonnaise, barbouze protégée par les américains à des fins anticommunistes, puis "expert" es coups tordus et tortures diverses au service des juntes boliviennes ; avant que son passé ne le rattrape et qu’il ne comparaisse en France lors du procès de 1987. Mon meilleur ennemi de Kevin MacDonald (au cinéma le 7 novembre) s’intéresse à ces trois vies successives, alors que celui de Marcel Ophüls (Hôtel Terminus, 1988) était centrée sur la période nazie.Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 26.10.07 à 14:33 - 2 commentaires
Vingt ans après son procès, la figure de Klaus Barbie continue de fasciner : le réalisateur Kevin Macdonald, après s’être attaqué sous l’angle de la fiction au dictateur Idi Amin Dada, lui consacre son nouveau documentaire, Mon meilleur ennemi (au cinéma le 7 novembre).Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 09.10.07 à 19:30 - 1 commentaire
"Fils unique, j'ai longtemps eu un frère. J'avais un frère. Plus beau, plus fort. Un frère ainé, glorieux, invisible."
Débarqué plutôt discrètement sur les rayonnages à l'été 2004, Un secret, le second roman du psychanalyste Philippe Grimbert s'est tranquillement installé à l'automne dans le classement des meilleurs ventes, succès éditorial couronné par le Prix Goncourt des Lycéens (voir ce compte-rendu du travail d'une classe du Mans), la même année.
Rendu très accessible par la brièveté de sa forme et la limpidité de son écriture, Un secret recelait une grande densité narrative et un vrai sens du tragique : le lourd secret de famille pesant sur les épaules du fils trop frêle révélait une magnifique histoire d'amour marquée par la grande histoire…
C'est dire qu'on attend avec curiosité sa transposition sur grand écran par Claude Miller, réalisateur qui a déjà adapté des auteurs aussi divers qu'Emmanuel Carrère (La Classe de neige), Nina Berberova (L'Accompagnatrice), Ruth Rendell (Betty Fisher et autres histoires) et… Anton Tchekov (La Petite Lili) : comment le scénariste aura traité l'entrelacement narratif des différentes époques du roman ? comment le réalisateur saura retranscrire le passage insensible entre le mythe des origines et l'histoire familiale, entre fantasme et réalité ?
Un secret, qui sortira en salles le 3 octobre, fera en tout cas l'objet d'un substantiel accompagnement pédagogique : un supplément Cinéclasse dans le numéro d'été du Monde de l'Education (dans les kiosques début juillet), un dossier pédagogique sur Zérodeconduite.net (dès la fin du mois de juin) et à la rentrée un dossier complet de 64 pages édité par le Livre de Poche et envoyé dans tous les lycées de France.
Posté dans L'agenda par Zéro de conduite le 19.06.07 à 22:07 - 2 commentaires
"Algérie, 1959. Les opérations militaires s'intensifient. Dans les hautes montagnes kabyles, Terrien, un lieutenant idéaliste, prend le commandement d'une section de l'armée française. Il y rencontre le sergent Dougnac, un militaire désabusé. Leurs différences et la dure réalité du terrain vont vite mettre à l'épreuve les deux hommes. Perdus dans une guerre qui ne dit pas son nom, ils vont découvrir qu'ils n'ont comme pire ennemi qu'eux-mêmes."
Le voilà-t-il enfin le "grand film sur la Guerre d'Algérie" qui battra en brêche ce lancinant et trompeur (récemment La Trahison et Mon colonel ont proposé des visions originales et convaincantes du conflit) sentiment d'absence de la période sur les écrans ? L'Ennemi intime s'annonce en tout cas comme l'un des projets les plus excitants de la rentrée, par l'association inédite entre le scénariste Patrick Rotman, rigoureux historien de la période (notamment à travers ses deux documentaires fleuve, La Guerre sans nom et L'Ennemi intime), et le réalisateur Florent Siri, spécialiste du film d'action (Nid de guêpes, Otage, tourné avec Bruce Willis à Hollywood), qui devrait permettre de concilier ambition artistique et grand spectacle…
Si le film se présente comme un vrai "film de guerre" (la date de 1959 renvoie aux violentes opérations du plan Challe), avec les moyens correspondants, il reprend également la réflexion entamée par le documentaire du même nom écrit et réalisé par Patrick Rotman : "comment un homme ordinaire devient un bourreau banal, voire un témoin indifférent ?"
Posté dans L'agenda par zama le 10.06.07 à 22:01 - 3 commentaires
"Pourquoi les tomates font 3000 kilomètres à travers l’Europe ; pourquoi les Africains émigrent vers les pays du Nord ; et comment nos légumes se retrouvent à être vendus sur les marchés africains."
Voici le genre de questions pour le moins dérangeantes que pose, et auquel s’efforce de répondre, We Feed the World (le marché de la faim), le documentaire d’Erwin Wagenhofer (au cinéma le 25 avril). En voyageant aux quatre coins du monde (des décharges de Vienne —où l’on jette chaque année assez de pain pour nourrir la seconde ville du pays— aux plaines du Mato Grosso —où les paysans meurent de faim à côté des champs d’exportation—, en passant par les serres d'Almeria où l’on cultive la plupart des tomates qui inondent à longueur d'années le marché européen) ; en interrogeant différents acteurs de la filière agroalimentaire, We Feed the world nous confronte aux conséquences économiques, humaines et environnementales de nos modes de consommation.
S'inscrivant dans la lignée des nombreux films récents critiquant l'industrialisation et mondialisation de l'agroalimentaire (Gilles Fumey pour les Cafés Géos cite Le cauchemar de Darwin bien sûr, mais aussi Supersize me, Fast food nation et le récent Notre pain quotidien : "De film en film et dans Le marché de la faim particulièrement, on mesure la puissance financière de ces groupes industriels qui ont bâti leur fortune sur l’obligation qu’a l’être humain de se nourrir plusieurs fois par jour") se distingue par son souci d'analyse et de pédagogique.
Notre site pédagogique We Feed the World propose deux dossiers d'accompagnement autour du film, en Géographie-ECJS ("Agriculture, alimentation et mondialisation") et en Sciences Economiques et Sociales ("Mondialisation agroalimentaire, politiques régionales et stratégies des multinationales"). Ils recensent également les nombreux événements (avant-premières en présence du réalisateur, débats associatifs) organisés autour de ce film qui appelle à la réflexion et à la discussion…
Posté dans L'agenda par zama le 17.04.07 à 11:16 - 25 commentaires
Quels personnages de la seconde moitié du vingtième siècle l'histoire retiendra-t-elle ? A coup sûr, Nelson Mandela fera partie de ceux-là. Et c'est là le premier mérite du film de Bille August, Goodbye Bafana (au cinéma le 11 avril) : donner chair et humanité au leader de la lutte anti-apartheid, sans tomber (comme le faisait remarquer Christian Bonrepaux dans le Cinéclasse consacré au film) dans l'hagiographie. L'autre atout du film est la peinture à la fois subtile et fort pédagogique du régime d'apartheid, des facteurs qui ont favorisé sa pérennité (l'assentiment d'une population psychologiquement conditionnée et le soutien —au moins tacite— des pays occidentaux dans le contexte de la Guerre Froide) aux raisons, internes et externes, qui ont précipité sa chute.
Le film permettra ainsi une réflexion avec les élèves à différents niveaux, au Collège en Education Civique (la notion d'égalité en 5ème, les droits et libertés en 4ème), au Lycée en ECJS (Citoyenneté et intégration) et en Histoire (en Terminale au détour des chapitres sur "Le Tiers Monde", "La Guerre Froide" et "A la recherche d'un nouvel ordre mondial").
Mais c'est sans doute en classe d'Anglais qu'il permettra l'utilisation la plus riche : partant d'une étude civilisationnelle de ce grand pays de la sphère anglophone qu'est l’Afrique du Sud (qui peut mener à une réflexion sur la question de la mémoire collective et de la réconciliation dans la "new South Africa"), l'enseignant pourra introduire différents éléments linguistiques en s'appuyant sur les dialogues du film (les modalités, la voix passive, le comparatif) puis éventuellement passer à l'analyse d’une autre œuvre, cinématographique ou littéraire.
C'est ce que proposent les deux dossiers pédagogiques (en Histoire et en Anglais) mis en ligne sur le site pédagogique Goodbye Bafana, en attendant la sortie du film le 11 avril.
Conflit, lutte, bataille… Même si le vocabulaire reste le même, difficile de comparer Lettres d'Iwo Jima de Clint Eastwood (en salles depuis le 21 février) et Les Lip, l'imagination au pouvoir de Christian Rouaud (sortie le 21 mars), objets respectifs de des suppléments "Cinéclasse" de février et de mars du Monde de l'Education (en partenariat avec Zérodeconduite.net). Même s'il n'a pas les moyens d'une superproduction hollywoodienne, le documentaire de Christian Rouaud n'a rien à envier en termes de romanesque à son prédecesseur : racontée par ses principaux protagonistes et quelques images d'archive, le conflit de l'usine Lip de Besançon apparaît comme une véritable (la dernière ?) épopée ouvrière.
C'est au sociologue Michel Pialoux que Le Monde de l'Education a demandé d'éclairer pour nous les problématiques du film. Il part d'un constat simple : pourquoi n'entend-on plus parler en France de "classe ouvrière" (le terme même paraît archaïque) alors que selon l'INSEE 6 ou 7 millions d'individus s'y rattachent encore aujourd'hui ? Le conflit des Lip, porté par les espoirs de Mai 1968 (l'utopie de l'autogestion notamment) mais gros des menaces à venir (il préfigure nombre de conflits pour la sauvegarde de l'emploi et contre le démantèlement industriel), apparaît ainsi, selon la belle expression de Christian Bonrepaux, la "queue de la comète" des Trente Glorieuses.
Le supplément permet également de replacer le film dans le cadre des programmes scolaires, notamment de Sciences Economiques et Sociales : diversité des formes de l'action collective, rôle des syndicats, présentation de l'entreprise comme lieu d'efficacité économique mais aussi de relations sociales et de conflits, le film recoupe en bien des points le programme de Terminale.
[Le Monde de l'Education N° 356, Mars 2007, Supplément Cinéclasse]
Posté dans L'agenda par zama le 02.03.07 à 10:35 - 1 commentaire
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